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Quand le corps parle : comprendre les messages derrière les tensions

  • Julie PIERRE
  • il y a 13 heures
  • 8 min de lecture

Introduction


Il y a des jours où tout semble “normal” en apparence. Vous avancez, vous faites ce qu’il y a à faire, vous répondez aux messages, vous tenez vos engagements.


Et pourtant, quelque chose serre. Une nuque qui se raidit sans prévenir. Des épaules qui montent comme si elles voulaient protéger votre gorge. Une mâchoire qui se crispe au fil des heures. Un ventre qui se noue, même au repos.


Souvent, on met ça sur le compte de la fatigue, d’une mauvaise posture, d’une journée trop longue.

Parfois c’est vrai.


Et parfois, ces tensions reviennent avec une régularité troublante, comme si le corps insistait. Comme s’il essayait de dire quelque chose, à sa manière : par la contraction, par la lourdeur, par l’inconfort.


Cet article vous propose une lecture simple et humaine de ces signaux : sans dramatiser, sans “tout psychologiser”, et sans oublier l’essentiel — si une douleur est intense, persistante, inhabituelle ou inquiétante, un avis médical reste la bonne porte d’entrée.


Ici, il s’agit d’explorer ce que les tensions peuvent révéler de votre rythme, de votre charge intérieure, de votre manière de traverser la vie… et surtout, comment commencer à relâcher.

Retrouvez, un peu plus bas dans l 'article, de petits exercices pratiques 🛠️




Une histoire très ordinaire (et très parlante)


Imaginez une personne — peut-être vous — qui se réveille déjà un peu tendue. Rien de spectaculaire. Juste une sensation de “déjà trop”.

La journée démarre vite : on pense à ce qu’il ne faut pas oublier, on anticipe, on organise. Le corps suit, mais il suit en serrant.

À midi, les épaules sont dures. Le souffle est haut, court. On mange en faisant autre chose. L’après-midi, la tête est pleine, la mâchoire se contracte. Le soir, on s’assoit enfin… et c’est là que le dos se rappelle à vous. Comme si le corps, qui a tenu toute la journée, profitait du premier relâchement pour faire remonter ce qui a été contenu.


Ce scénario n’est pas un “problème de corps”. C’est souvent un problème de charge : charge mentale, charge émotionnelle, charge de responsabilités, charge de non-dits, charge de “je dois”.


Le corps, lui, ne discute pas. Il s’adapte. Il compense. Il serre. Jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus.


Pourquoi le corps se met en tension (même quand “tout va bien”)


La tension n’est pas un ennemi : c’est un mécanisme de protection.


Quand votre système nerveux perçoit du stress (réel ou anticipé), il prépare le corps à faire face : vigilance, tonus musculaire, respiration plus rapide, digestion ralentie, attention focalisée.

Le problème, c’est quand cet état devient votre mode de fonctionnement habituel.


Quelques déclencheurs fréquents :



  • Le stress chronique (même “bas bruit”) :

trop de choses à gérer, pas assez de récupération.

  • L’hyper-contrôle :

    vouloir tout prévoir, tout maîtriser, ne rien laisser au hasard.

  • L’hyper-adaptation :

    s’ajuster en permanence aux autres, se retenir, ne pas déranger.

  • Les émotions non digérées :

    colère contenue, tristesse mise de côté, peur minimisée.

  • La fatigue :

    quand l’énergie baisse, le corps compense souvent par la rigidité.

  • La déconnexion corporelle :

    vivre “dans la tête” et ne sentir le corps que lorsqu’il crie.



Comprendre cela change déjà quelque chose :


Vos tensions ne sont pas une fatalité,

ni une faiblesse.

Elles sont souvent un langage.



Apprendre à écouter : “où”, “quand”, “comment” (avant “pourquoi”)


Avant de chercher une signification, commencez par l’observation. Le corps est concret.


Posez-vous ces questions :


  • est la tension exactement ? (un point précis, une zone diffuse, un côté plus que l’autre,...)


  • Quand apparaît-elle ? (au réveil, au travail, après un échange, le soir, le week-end,...)


  • Comment est-elle ? (serrement, brûlure, lourdeur, tiraillement, blocage,...)


  • Qu’est-ce qui l’aggrave / la soulage ? (écrans, conduite, repas, solitude, sport, marche, chaleur,...)


  • Qu’est-ce que je fais à ce moment-là ? (je me dépêche, je me retiens, je me justifie, je “tiens”,...)


Souvent, le “pourquoi” devient plus clair après quelques jours d’observation, sans forcer.


Quand le corps parle : comprendre les messages derrière les tensions


Les grandes zones de tension… et ce qu’elles peuvent raconter


Ce qui suit n’est pas une vérité universelle, mais des pistes fréquentes.

Prenez ce qui résonne, laissez le reste.


👉 Sommaire zones de tensions (Cliquez sur 🧘🏼pour revenir ici)


🧘🏼 Nuque et épaules :

“je porte”, “je tiens”,

“je reste en alerte”


La nuque et les épaules sont des zones de vigilance. Elles se contractent quand vous êtes en mode “surveillance” : anticiper, gérer, protéger, ne pas faillir.


Signaux possibles :

  • surcharge de responsabilités

  • difficulté à déléguer

  • sentiment de devoir être forte/fort

  • hypervigilance (même subtile)

🛠️ Mini-pratique (2 minutes)


  1. Inspirez en levant légèrement les épaules.

  2. Expirez en les laissant tomber d’un coup (3 fois).

  3. Puis faites des cercles d’épaules lents vers l’arrière (10 fois).

  4. Terminez en allongeant la nuque : menton très légèrement rentré, comme si l’arrière du crâne glissait vers le haut.



🧘🏼 Mâchoire :

 “je me retiens”, “je ravale”,

“je serre”


La mâchoire est un lieu classique de contrôle. On serre quand on se contient, quand on ne dit pas, quand on “encaisse”.


Signaux possibles :

  • colère contenue, frustration

  • perfectionnisme, exigence

  • difficulté à poser des limites

  • rumination (le mental “mâche”)

🛠️ Mini-pratique


  1. Laissez la bouche s’entrouvrir, langue posée au bas du palais.


  2. Massez les muscles des joues (près de l’articulation) en petits cercles.


  3. Bâillez volontairement 2–3 fois (même si c’est “faux”) : le bâillement relâche profondément.



🧘🏼Poitrine et respiration haute

“je manque d’espace”


Quand la respiration reste haute, le corps reste en mode alerte. On a l’impression de ne pas pouvoir “prendre sa place” ou de ne pas avoir le temps de respirer.


Signaux possibles :

  • pression, urgence intérieure

  • anxiété, inquiétude

  • émotion retenue (pleurs non sortis, chagrin contenu)

🛠️ Mini-pratique (cohérence simple) 


Pendant 2 à 3 minutes, main posée sur le ventre pour accompagner la respiration "à être plus basse"


  1. Inspirez 4 secondes,


  2. expirez 6 secondes,


L’expiration plus longue envoie un message de sécurité au système nerveux.



🧘🏼 Ventre : 

“je digère mal ce que je vis”


Le ventre réagit vite : stress, conflits, incertitude, surmenage. Il peut se nouer, gonfler, se crisper.


Signaux possibles :

  • insécurité, peur de l’avenir

  • difficulté à “lâcher”

  • trop-plein émotionnel

  • rythme de vie qui ne respecte pas vos besoins

🛠️ Mini-pratique 


  1. Posez une main sur le ventre.


  2. À l’inspiration, laissez-le se gonfler (sans forcer).


  3. À l’expiration, sentez-le redescendre.


  4. Ajoutez une phrase simple :

“Je peux ralentir, même un peu.”



🧘🏼 Dos (haut, milieu, bas) :

“je supporte”,

“je tiens debout”


Le dos est souvent lié au soutien : ce que vous portez, ce que vous retenez, ce que vous “tenez” pour que tout tienne.


Signaux possibles :

  • Haut du dos : charge mentale, posture fermée, protection.

  • Milieu : fatigue, respiration limitée, tension émotionnelle.

  • Bas du dos : sécurité, stabilité, sur-sollicitation, manque de récupération.


🛠️ Mini-pratique 


  1. Allongez-vous si possible, genoux pliés près du ventre, pieds en l'air relâchés.


  2. Laissez le bassin devenir lourd.


  3. Respirez 10 cycles en sentant le dos s’étaler.


  4. Puis faites un mouvement très doux : légère bascule du bassin de droite à gauche -- 10 fois.

    (Poser le mains sur les genoux - doigts enlacés)



🧘🏼 Bassin :

“je retiens”, “je me contracte”,

“je ne me sens pas en sécurité”


Le bassin est un centre d’ancrage. Il se fige quand on se protège, quand on est dans la retenue, ou quand on vit beaucoup “en haut” (tête/épaules).


Signaux possibles :

  • stress, contrôle

  • difficulté à se détendre vraiment

  • manque de repos profond

  • émotions liées à l’intimité, à la sécurité, au territoire

🛠️ Mini-pratique 


  1. Debout, pieds bien posés.


  2. Faites de très légers balancements droite/gauche, puis avant/arrière, comme pour dire au corps :

    je suis là”.

  3. Ensuite, relâchez volontairement les fessiers (oui, on peut le décider. Pousser très légèrement sur votre sphincter).



🧘🏼 Mains et avant-bras :

“je m’accroche”, “je fais”,

“je ne lâche pas”


Les mains parlent de l’action, de la prise, du contrôle.

Elles se crispent quand on est dans le faire permanent.

🛠️ Mini-pratique 


  1. Ouvrez grand les mains 5 secondes, puis relâchez.

  2. Répétez 5 fois.

  3. Ensuite, secouez doucement les mains comme pour faire tomber l’excès de tension.



🧘🏼 Jambes :

“je tiens”, “je fuis”,

“je n’ai plus d’énergie”


Les jambes portent votre élan. Elles peuvent devenir lourdes quand vous êtes épuisé-e, ou tendues quand vous êtes en fuite intérieure.

🛠️ Mini-pratique 


Marchez 5 minutes en sentant le contact du pied au sol :

talon → plante → orteils.


Simple, mais très régulateur.



Quand le corps parle : comprendre les messages derrière les tensions

Le vrai message derrière beaucoup de tensions :

“je n’ai pas eu d’espace”


Derrière les zones, il y a souvent un thème commun : manque d’espace.


  • pas assez d’espace pour respirer

  • pas assez d’espace pour ressentir

  • pas assez d’espace pour dire non

  • pas assez d’espace pour récupérer

  • pas assez d’espace pour être, sans performance


Le corps compense ce manque d’espace par la contraction. Il “réduit” pour tenir.



Une méthode simple en 4 étapes :

repérer → accueillir → relâcher → ajuster


1) Repérer (sans jugement)


“Je sens une tension dans…”


Rien à corriger tout de suite. Juste constater.


2) Accueillir (au lieu de lutter)


“C’est là. D’accord.”


L’accueil n’est pas la résignation : c’est arrêter d’ajouter une deuxième couche de tension (ce dire “je ne devrais pas être comme ça”, c’est cela par exemple, « rajouter une couche »).


3) Relâcher (petit, concret, faisable)

Choisissez une micro-pratique (respiration, relâchement mâchoire, épaules, bassin).

2 à 5 minutes suffisent.


4) Ajuster (un acte de respect)

Posez-vous une question très simple :


“De quoi ai-je besoin, là, maintenant, pour que ça n’empire pas ?”


Parfois la réponse est : boire, marcher, s’étirer, manger assise/assis, annuler une chose, demander de l’aide, dire non, dormir.


Et si la tension était une intelligence ?


Le corps n’est pas contre vous. Il vous informe. Il vous montre où vous vous oubliez, où vous vous sur-adaptez, où vous vous sur-sollicitez, où vous vous retenez.


Écouter ces messages ne veut pas dire tout changer d’un coup. Cela peut commencer par un geste minuscule : une expiration plus longue, une mâchoire qui se desserre, des épaules qui redescendent, un “non” posé plus tôt, une pause assumée.


Votre corps parle. Et vous pouvez apprendre à lui répondre.


Pour terminer (question douce)


Si votre tension principale pouvait formuler une phrase, aujourd’hui, ce serait laquelle ?


Vos tensions ne sont pas “juste” un défaut de posture ou un signe de faiblesse. Bien souvent, elles sont une manière très concrète pour le corps de signaler un trop-plein, un manque d’espace, un besoin de sécurité ou de repos.


Vous n’avez pas besoin de tout comprendre ni de tout changer d’un coup.


Commencez petit : repérez, accueillez, relâchez, ajustez.


Une respiration un peu plus longue, une mâchoire qui se desserre, une pause assumée, un “non” posé plus tôt… Ce sont des réponses simples, mais puissantes.


Et si une douleur est intense, inhabituelle ou persistante, n’hésitez pas à demander un avis médical.


Avant de fermer cette page, prenez dix secondes :

où, dans votre corps, avez-vous besoin de plus d’espace — aujourd’hui ?





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